Le mot du Président

Pour qui sonne le glas – Avenir et Gendarmerie n°124 – Novembre 2018

Après les mesures prises depuis plus d’un an à l’encontre des retraités, nous pouvons nous poser cette question inspirée par le roman d’Ernest Hemingway : « Pour qui sonne le glas » ? Les réponses apportées par nos dirigeants sont intolérables et ne peuvent que susciter l’incompréhension et la polémique. Lors des ses bains de foule, le président de la République est fréquemment interpellé par des retraités sur les sujets récurrents qui les préoccupent. Il estime que si les Français ne se plaignaient pas, le Pays se porterait mieux. Nous ne pouvons que lui répondre que si les projets du Gouvernement n’avaient pas d’impact sur leur pouvoir d’achat, ils ne se plaindraient pas ! Alors qu’il est conscient que le taux actuel moyen de l’inflation est de 2,3%, le Premier ministre annonce le 26 août dernier que la hausse des pensions de retraite se limitera à 0,3% pour 2019 et 2020. C’est vraiment se moquer du monde !

Depuis plusieurs années, nos dirigeants ne savent plus quoi inventer pour diminuer notre pouvoir d’achat : application de la taxe discriminatoire de 0,30% sur les pensions de retraite plus connue sous le terme de CSG, contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS), suppression de la demi-part des veuves, contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA), fiscalisation de la majoration pour enfants. L’augmentation des cotisations des mutuelles complémentaires, des prix du gaz, de l’électricité, des péages autoroutiers, du carburant, etc. ont naturellement une conséquence sur notre pouvoir d’achat. La diminution de la taxe d’habitation sur une période de trois ans jusqu’à sa suppression complète aura forcément un effet sur notre pouvoir d’achat mais temporairement. Il se pourrait bien que la taxe foncière augmente. On parle de la suppression de cette taxe pour les personnes disposant d’un revenu annuel modeste et de l’augmentation des prestations du régime ARCO-AGIRC. Soyons prudents et comme saint Thomas, croyons uniquement ce que nous voyons.

Nous devons défendre le régime particulier pour campagnes des militaires de la gendarmerie et notre système de retraite applicable aux militaires. Ce n’est pas gagné mais nous pouvons malheureusement constater que le projet du Haut Commissaire chargé d’établir le nouveau système des retraités est actuellement du domaine du flou artistique. Il ne faut surtout pas que les militaires soient assimilés aux fonctionnaires. Nous sommes actuellement environ 16 millions de retraités. Nous avons un impact politique certain. Soyons un peu utopiques, si nous étions tous unis, pendant 6 moins, nous devrions retirer nos économies de la Caisse d’Épargne, ne plus voyager, ne plus aller au spectacle, ne plus acheter de vêtements, ne plus emprunter les autoroutes à péage. Cela aurait forcément un impact sur la mise en recouvrement de la TVA et sur le financement du logement social.

Ainsi la question : « pour qui sonne le glas ? » applicable aux retraités pourrait aussi s’appliquer au Gouvernement ! Dans le cadre de l’Entente Gendarmerie, nous devons en permanence exprimer les préoccupations des retraités aux pouvoirs publics, même si nous avons l’impression parfois que nous ne sommes pas écoutés. Rappelons aux politiques que pour les prochains scrutins, nous avons un outil de premier choix, le bulletin de vote. Souvenons-nous ces deux devises : « l’union fait la force » et « ne pas subir ». Cependant, il faut être positif comme David Ogilvy : « Encourager l’innovation. Le changement est notre force vitale, la stagnation notre glas ! »

Jean-Claude Fontaine, Président national