Le mot du Président

Solidarité intergénérationnelle – Avenir et Gendarmerie n°114 – Décembre 2017

La solidarité intergénérationnelle peut se définir comme un échange entre plusieurs générations : les aînés, les adultes et les jeunes. Chacun de ces acteurs essaie d’obtenir des autres des éléments dont ils ont besoin. Elle a un impact important dans la vie économique d’une nation. Elle peut influencer sa croissance, sa politique, ses ressources. Elle peut se manifester par l’éducation des enfants, le remboursement des dépenses de santé, la prise en charge de la retraite, etc. Les acteurs de cette solidarité se divisent donc en trois générations : les enfants, les parents et les grands parents seniors. Un transfert important s’opère donc entre eux. Pour les seconds, l’éducation de leurs enfants et les soins médicaux constituent la majeure partie de leurs dépenses pécuniaires pour les générations en dessous d’eux. Pour leurs aînés, ce sont plutôt le financement de la retraite et de la protection santé qui leur incombe. Il est évident qu’au sein de la famille, les aînés occupent une place très importante. Ils sont comme un guide, un conseiller pour les jeunes générations. Ces derniers qui croient en leur sagesse, n’hésitent pas à leur demander leur avis dans toutes les étapes de leur vie. Les anciens sont également les gardiens de la tradition et des valeurs familiales.

Malheureusement, depuis de nombreuses années, plusieurs raisons ont entraîné l’éclatement familial, rendant la solidarité intergénérationnelle de plus en plus difficile. Parmi les causes de cette situation, on peut évoquer la mobilité sociale des parents ou encore l’adoption d’un mode de vie plus rythmé. Pour relancer l’économie et retrouver du pouvoir d’achat aux actifs, le gouvernement a décidé de mettre à contribution les retraités. Cette génération a bénéficié du plein emploi et de conditions plus favorables pour accéder à la propriété de leur logement. Ce n’est plus le cas pour la génération suivante.

La méthode pour opérer une redistribution entre les actifs et les retraités a été donc été précisée dans le projet de loi des finances pour 2018. Au 1er Janvier prochain, la hausse de la CSG de 1,7% touchera donc tous les Français sauf les travailleurs qui bénéficieront de la baisse des cotisations salariales. Cela représente un gain de pouvoir d’achat d’environ 260 euros pour un SMIC. Les retraités, à l’exception des plus modestes, seront donc les seuls à supporter la hausse de la CSG. 60% seront concernés ce qui représente environ 6 millions de personnes. Seront également concernés ceux qui perçoivent une retraite de 1 289 euros par mois (moins de 65 ans) ou 1 394 euros par mois (plus de 65 ans).

Petite question politiquement incorrecte : pourquoi les députés se sont exemptés de payer la CSG sur leurs frais parlementaires ? Est-ce cela la solidarité ? Dans notre vie aujourd’hui, le bien et le mal peuvent-ils permettre la sauvegarde de la société en tant que tel ? Cette notion du bien et du mal peut nous faire penser dans notre imaginaire qu’une bonne action peut changer la course des planètes et qu’une mauvaise action est capable d’éteindre le soleil. Le caractère humain exagère ce qui le concerne, au point que les choses telles que l’amour ou la beauté en deviennent, des attributs des forces de l’esprit ! Soyons conscients que la solidarité apparaît à bien des égards dans notre société mais prenons garde car l’ère de l’entraide laisse progressivement la place à l’ère de l’individualisme eu égard aux difficultés économiques.

Les fêtes de fin d’année sont proches. Puisque cela intéresse tout le monde, et pas seulement les plus jeunes, on entend bien dire à propos de gens qui ont passé l’âge : « celui-là, il croit au Père Noël ». Il est facile de dire que le Père Noël n’existe pas, que le gros barbu et ses incroyables montures sont incapables de livrer la marchandise. Dans ce monde profondément troublé, il est bon de continuer de croire et de ne pas tenter de démonter pièce par pièce cette légende du Père Noël qui nous a fait tant rêver lorsque nous étions des enfants. Chers amis lecteurs, je vous souhaite un Joyeux Noël en famille.

Jean-Claude Fontaine